Gestion des données sensibles : à l’interne ou à l’externe ?

23/12/2019 - Blog

L’avènement de l’informatique et de l’ère numérique confronte toutes les entreprises à différentes problématiques. L’IT du XXème siècle se trouve obsolète et ne répond plus aux besoins des sociétés. Le volume des données explose de manière exponentielle. Il en découle pour les services informatiques une exigence de réactivité et une capacité en réserve qui pèse lourd sur les budgets. Aujourd’hui, toute entreprise doit de manière stratégique apporter des réponses aux éléments suivants. Comment répondre aux nouveaux défis édictés par ces mutations ? Faut-il s’obstiner à maintenir une infrastructure à l’interne ou faut-il sous-traiter l’hébergement de ses données ? Le risque de perte de contrôle est-il trop élevé ? Faut-il s’engouffrer tête baissée dans le « tout Cloud » comme solution miracle à tous les enjeux ?

Cloud ou Datacenter on-premise, quelle différence ?

Un Datacenter est un lieu physique où une infrastructure permet de stocker, organiser et traiter des ressources et des données. Lorsqu’on parle de Datacenter « on-premise », il s’agit d’infrastructures implantées sur le site de l’entreprise. Toutefois, certaines d’entre elles hébergent leurs propres infrastructures informatiques dans des Datacenters tiers. On parle dans ce cas de « housing ».

La terminologie « Cloud » est abondement répandue. Tombée dans le domaine public, elle souffre cependant d’une définition parfois fourre-tout. Tout comme le Datacenter on-premise, il s’agit d’une technologie de stockage des données qui a été développé pour pousser la virtualisation ainsi que l’automatisation des opérations beaucoup plus loin. Plusieurs types de Cloud existent, distinguons ici le Cloud privé du Cloud public.

Dans un Cloud privé, les serveurs sont généralement dédiés à une seule entreprise, ou un seul client, avec la localisation des données qui est connue et assurée contractuellement.

Dans le cas du Cloud public, les serveurs sont partagés entre les différents clients d’un fournisseur de services sans toujours connaître où sont stockées les données. Ce dernier service est souvent mis à disposition par de grands groupes comme Google, Microsoft, Amazon ou IBM, et sont généralement facturés au temps d’utilisation des ressources.


De l’on-premise vers le Cloud

Pour une entreprise, posséder son propre Datacenter était pendant longtemps la seule solution pour héberger ses ressources informatiques. Avec l’arrivée des offres Cloud, l’opportunité d’obtenir rapidement des ressources et des services a déclenché un engouement grandissant pour les solutions Cloud. Les bandes passantes en constante augmentation proposées par les fournisseurs d’accès internet en sont également une des causes. Beaucoup ont vu avec cette nouvelle offre la possibilité d’évoluer plus rapidement et de profiter des nouvelles technologies, sans devoir investir massivement dans des infrastructures qui deviennent rapidement obsolètes. La charge de travail en exploitation et maintenance, les difficultés à trouver et à conserver les bonnes compétences, ou encore maintenir des infrastructures on line 24h/24h deviennent des contraintes difficiles à assumer.     

Une raison majeure explique ce phénomène : l’augmentation des exigences de conformité du marché. En effet, le niveau de certification exigé par les milieux économiques et les institutions publiques nécessite de plus en plus d’investissements. Les acteurs majeurs du marché Cloud exerçant une grande pression sur les prix, amortir les coûts d’acquisition est devenu de plus en plus ardu pour les entreprises.

Nombreux sont ceux qui s’orientent donc vers le Cloud public ou privé, cette technologie qui semble régner sur les marchés aujourd’hui. Est-ce vraiment une bonne idée ? Est-ce vraiment moins onéreux ? Le Cloud offre-t-il des solutions alternatives aux enjeux des infrastructures on-premise ? Et qu’en est-il des enjeux du Cloud lui-même ?

Le Cloud est-il « LA » solution ?

Avouons-le, une des raisons principales de faire appel à un fournisseur Cloud est le coût qui semble plus accessible car il est proposé sous forme de contrat d’abonnement. Avec un service Cloud public, vous maîtrisez mieux votre budget IT et vous investissez moins. Rêve ou réalité ? Il est vrai que les leaders en la matière, appuyés par une puissance marketing sans limite, font miroiter un avantage financier conséquent de ce modèle d’affaire.

Contrairement au Datacenter on-premise, le Cloud est flexible et s’ajuste facilement à la hausse et à la baisse de besoins. Quant à la maintenance et à la gestion des infrastructures, ces tâches sont à la charge du fournisseur. Cela signifie que vos dépenses sont limitées dès le départ, mais également que l’exploitation et les interventions de votre part en sont réduites.

Le Cloud offre-t-il pour autant la meilleure alternative ? Sans surprise, il n’y a pas de réponse universelle à cette problématique. Les statistiques actuelles ne font qu’accentuer la confusion à ce propos. 94% des entreprises utilisent le Cloud aujourd’hui, toutefois la plupart des données de ces entreprises se trouvent toujours dans leurs propres Datacenters.

D’après une étude de Gartner, les revenus générés par le Cloud devraient augmenter de plus de 17% en 2020. De plus, toujours selon Gartner, 60% des sociétés feront appel à un service Cloud avec externalisation des données dès 2022. Paradoxalement, un retour d’expérience de BMC nous indique que 95% des entreprises qui ont migré vers le Cloud ont abandonné leur projet après 6 à 15 mois.

Quels sont les enseignements à mettre en évidence ?

  • Toutes les entreprises sont à la recherche de solutions de traitement de données plus efficaces, plus rapides et surtout moins coûteuses. Elles sont alors séduites par le Cloud qui théoriquement constitue une meilleure alternative.
  • En pratique, les solutions Cloud ont aussi leurs contraintes et leurs enjeux qu’il est nécessaire d’évaluer avec précision et sous différents axes d’analyse (coût, modèle commercial, localisation, conformité, …) avant de franchir le pas et migrer des services.
  • La lourdeur de la migration des applications et des données d’une entreprise, son caractère hautement stratégique et sensible, condamne les entreprises à un exercice d’analyse délicat et en profondeur avant de faire le pas.
  • Ajoutez l’explosion du volume des données et la tendance au tout numérique, alors toute société se doit, urgemment, d’initier cette réflexion à son plus haut niveau décisionnel.


 

Par Marc Berthold et Philippe Meyer